En 1987, la société japonaise Square est au bord du gouffre financier. Son concepteur phare, Hironobu Sakaguchi, décide de tenter le tout pour le tout avec un ultime projet avant de changer de carrière. Il le nomme Final Fantasy. Personne ne se doute alors que ce titre sorti sur la Famicom (la NES japonaise) s’apprête à redéfinir le jeu de rôle sur console et à poser les bases d’une franchise mythique.

Un pari d’un nouveau genre pour la Nintendo NES
À la fin des années 80, le marché des jeux de rôle (RPG) sur console est dominé par la série Dragon Quest d’Enix. Pour se démarquer, l’équipe de Square — composée entre autres de Sakaguchi, du compositeur Nobuo Uematsu et de l’illustrateur Yoshitaka Amano — fait le choix de la modernité technique.
Le jeu tire pleinement parti des capacités limitées de la NES :
Un système de combat novateur : Les affrontements au tour par tour affichent les héros à droite et les ennemis à gauche, une vue latérale inédite pour l’époque.
La personnalisation de l’équipe : Contrairement aux standards du genre, vous choisissez la composition de votre groupe de quatre Guerriers de la Lumière dès le début parmi plusieurs classes (Guerrier, Voleur, Moine, Mage Blanc, Mage Noir, Mage Rouge).
Une bande-son immersive : Les compositions de Nobuo Uematsu exploitent le puce sonore de la NES pour créer des thèmes mémorables qui résonnent encore aujourd’hui.
Les mécaniques fondamentales du premier Final Fantasy
Le scénario vous plonge dans la quête des quatre Guerriers de la Lumière, chargés de restaurer l’éclat des cristaux élémentaires (Eau, Feu, Terre, Vent) pour sauver un monde au bord du chaos.
Sur le plan du gameplay, Final Fantasy sur NES impose des standards de difficulté élevés :
Gestion de la magie : Le jeu n’utilise pas de points de magie (MP), mais un nombre limité d’utilisations par niveau de sort, similaire au système de Dungeons & Dragons.
Évolution des classes : Au cours de l’aventure, les personnages accomplissent une quête auprès du roi des dragons, Bahamut, pour promouvoir leur classe (le Voleur devient Ninja, le Mage Noir devient Sage Noir, etc.), débloquant ainsi de nouvelles capacités.
Exploration sans concession : La carte du monde est vaste, l’achat d’objets ou de navires est indispensable, et les sauvegardes ne peuvent s’effectuer que dans les auberges.
Pourquoi le premier Final Fantasy reste-t-il culte ?
Le succès colossal du jeu lors de sa sortie au Japon en 1987, puis en Amérique du Nord en 1990, a immédiatement sauvé Square de la faillite. Bien que le titre présente aujourd’hui une certaine rigidité propre aux jeux 8-bits, il a posé des éléments d’iconographie incontournables : les Chocobos, les engins volants (Airships), le personnage récurrent de Cid (introduit dans les épisodes suivants mais inspiré par cette dynamique), et la fameuse mélodie du thème principal.
Aujourd’hui accessible via plusieurs remakes (notamment la version Pixel Remaster), la version originale sur NES conserve une aura particulière pour tous les passionnés de retrogaming et d’histoire du jeu vidéo.




