Avant la Game Boy, avant les smartphones, il y avait déjà un petit boîtier en plastique avec un écran LCD, deux boutons et une alarme. Les Game & Watch de Nintendo ont posé les bases du jeu vidéo portable, et près de cinquante ans plus tard, ils continuent de fasciner joueurs et collectionneurs.

Comment Gunpei Yokoi a inventé les Game & Watch
Tout commence par une scène de la vie quotidienne. À la fin des années 1970, Gunpei Yokoi, ingénieur chez Nintendo, voit dans le Shinkansen un homme d’affaires qui s’ennuie et pianote sur sa calculatrice pour passer le temps. Il se dit alors qu’on pourrait créer un appareil de poche, aussi discret qu’une calculatrice, qui servirait à la fois de montre et de jeu.
Le premier modèle, Ball, sort en 1980 dans la série Silver. Le succès est immédiat. Nintendo décline ensuite le concept en plusieurs gammes : Gold, Wide Screen, puis Multi Screen, qui propose deux écrans. Ce principe sera repris bien plus tard par la Nintendo DS.
Autre héritage, souvent oublié : c’est avec le Game & Watch Donkey Kong (1982) que Yokoi imagine la croix directionnelle, que l’on retrouve ensuite sur la NES et sur presque toutes les manettes.
Un jeu par console, une formule simple
Contrairement à la Game Boy, un Game & Watch ne se joue pas avec des cartouches : chaque boîtier contient un seul jeu. Le principe est toujours le même. On enchaîne des actions simples (attraper, esquiver, sauter), le rythme s’accélère, jusqu’au Game Over.
Parmi les titres les plus connus :
- Donkey Kong et Mario Bros., avec les personnages de Nintendo en vedette ;
- Egg, où il faut rattraper des œufs ;
- Helmet, où l’on évite des objets qui tombent ;
- Cement Factory, un classique de la série Wide Screen.
Le design a aussi fait leur réputation : façade métallique, illustrations colorées et couvercle de pile qui sert de pied d’appui. Et comme la console affichait l’heure et sonnait comme un réveil, le nom « Game & Watch » n’avait rien d’usurpé.
Les séries à connaître
Au fil des années, Nintendo a multiplié les variantes :
- Panorama : un écran avec décor coloré éclairé par un miroir rabattable ;
- Micro Vs. System : deux manettes intégrées pour jouer à deux ;
- Super Color : une série qui mise sur des affichages plus colorés ;
- Multi Screen : deux écrans, dont Donkey Kong (1982) est le modèle emblématique.
Au total, les Game & Watch se sont vendus à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde, ce qui en fait un vrai phénomène des années 80.
Pourquoi les collectionneurs les recherchent toujours
Aujourd’hui, les Game & Watch d’origine sont très convoités sur le marché de l’occasion. Plusieurs raisons à cela :
- La nostalgie : ils rappellent la cour de récréation des années 80.
- La rareté des exemplaires en bon état : trouver un modèle complet, avec boîte et notice, et dont l’écran n’a pas de fuite de cristaux liquides, devient difficile.
- Leur valeur d’objet design : ils trouvent leur place dans une vitrine autant que dans une collection de jeux.
Nintendo a d’ailleurs entretenu cet attachement en rééditant la formule : une version Game & Watch: Super Mario Bros. est sortie en 2020, pour les 35 ans du jeu, suivie d’un modèle The Legend of Zelda en 2021.
En résumé
Les Game & Watch sont à la fois une pièce d’histoire et un objet de collection. Ils montrent qu’une idée simple, bien exécutée, peut lancer toute une industrie : l’essentiel du jeu tenait dans un petit écran LCD et quelques secondes de réflexes.

