Pour toute une génération de fans, Star Wars s’est longtemps résumé à la trilogie originale et à une poignée de figurines Kenner vintage aux articulations un peu rigides. Puis, 1999 est arrivé. Avec la sortie de La Menace Fantôme, suivie de L’Attaque des Clones et de La Revanche des Sith, l’univers créé par George Lucas a basculé dans une tout autre dimension.
Avec la sortie des épisodes I à III, la gamme de figurines Star Wars s’est enrichie de centaines de modèles, couvrant chaque personnage, vaisseau ou créature. Pour Hasbro, le fabricant historique, ce retour au cinéma a marqué le début d’un âge d’or industriel et créatif sans précédent. Retour sur une époque où nos étagères ont cruellement manqué de place.

Un raz-de-marée de nouveaux personnages
La force de la Prélogie réside dans sa profusion visuelle. Là où la trilogie originale se concentrait sur un groupe restreint de rebelles, les Épisodes I à III nous plongent au cœur d’une République galactique foisonnante. Pour les créateurs de figurines, ce fut un terrain de jeu infini.
Rien que pour La Menace Fantôme, la ligne « Power of the Jedi » puis les vagues successives ont vu débarquer des dizaines de versions d’un même personnage. Qui n’a pas possédé Obi-Wan Kenobi en version padawan, Qui-Gon Jinn ou le terrifiant Darth Maul ? Mais Hasbro ne s’est pas arrêté aux têtes d’affiche. La marque a poussé le vice jusqu’à modéliser les membres du Conseil Jedi au grand complet (de Mace Windu à Plo Koon), les sénateurs de Coruscant, et même les modules de course de la Boonta Eve. Chaque alien croisé une demi-seconde à l’écran avait droit à sa version plastique de 10 cm.
Des vaisseaux et des créatures à l’échelle
Qui dit nouveaux films dit nouvelles technologies spatiales. Le design épuré et anguleux de l’Empire a laissé place aux courbes chromées des vaisseaux de Naboo et aux prototypes des chasseurs Jedi.
Les collectionneurs ont vu débarquer dans les rayons des pièces maîtresses comme le Naboo Starfighter d’un jaune éclatant, le Infiltrator Sith de Darth Maul ou plus tard, le gigantesque Gunship de la République (Republic Gunship), devenu aujourd’hui une pièce ultra-recherchée.
Les créatures de la Prélogie ont également eu droit à un traitement de faveur. Le monstrueux Acklay, le Nexu ou le Reek de l’arène de Geonosis ont été déclinés dans des formats impressionnants, permettant aux enfants (et aux grands enfants) de recréer les batailles d’arène directement sur le tapis du salon.
L’évolution technique : de la figurine rigide au réalisme
L’arrivée des Épisodes I à III a aussi coïncidé avec un bond technologique majeur dans la fabrication des jouets. Finie l’époque des figurines aux bras simplement levés. Avec la saga des clones, Hasbro a introduit des articulations bien plus complexes (les fameux ball-joints).
Les figurines sont devenues plus dynamiques, capables de tenir un sabre laser à deux mains ou de prendre de vraies postures de combat. Les détails des visages, autrefois très grossiers, ont gagné en réalisme grâce à de meilleures techniques de moulage, rendant enfin justice aux traits de Natalie Portman (Padmé) ou d’Ewan McGregor.
Les clones : le paradis (ou l’enfer) du complétiste
S’il y a bien un élément qui a fait exploser le nombre de références entre 2002 et 2005, ce sont les Clone Troopers. Avec l’introduction de la Grande Armée de la République dans l’Épisode II, puis sa customisation par régiments colorés dans l’Épisode III (la 501ème légion, le 212ème bataillon…), Hasbro a trouvé la formule magique.
Le concept du troop building (acheter le même soldat en plusieurs exemplaires pour créer une armée) est devenu une religion pour les collectionneurs. Entre les clones de base, les commandants (Cody, Bly, Gree), les pilotes et les versions endommagées par le combat (battle-damaged), la gamme s’est enrichie de centaines de variantes qui s’arrachent encore aujourd’hui sur le marché de l’occasion.
Pourquoi cette époque reste mythique pour les collectionneurs ?
Aujourd’hui encore, la période 1999-2005 reste gravée comme une ère d’abondance. Les rayons des magasins de jouets débordaient de blisters Star Wars, et chaque sortie de film s’accompagnait d’un « Midnight Madness », ces ouvertures de magasins à minuit où les fans se ruaient sur les nouveautés.
Que l’on soit nostalgique des cartes vertes de l’Épisode I, des blisters bleus de Saga (2002-2004) ou des emballages sombres de La Revanche des Sith, la Prélogie a prouvé que Star Wars n’était pas qu’une mode des années 80, mais un univers infini, capable de se renouveler et de coloniser nos étagères pour les décennies à venir.
Quelle est la pièce de la Prélogie (vaisseau ou figurine) qui a le plus marqué votre collection ?




