S’il y a bien un jouet qui a traversé les générations sans prendre une seule ride, c’est le mythique bonhomme Playmobil. Avec ses 7,5 centimètres de haut, sa coupe de cheveux caractéristiques et son éternel sourire, cette petite figurine en plastique a investi les chambres d’enfants du monde entier depuis maintenant plus de cinquante ans.
Mais comment une simple figurine créée à la suite d’une crise pétrolière est-elle devenue un pilier incontournable de l’industrie du jouet et un objet de collection très prisé ? De l’histoire originale aux séries sous licences actuelles, embarquons pour un voyage au cœur de l’univers Brandstätter.

Une naissance sous le signe de l’ingéniosité
Pour comprendre l’origine des Playmobil, il faut remonter au début des années 1970. En 1973, le choc pétrolier fait grimper en flèche le coût des matières premières, notamment du plastique. La société allemande Brandstätter, dirigée par Horst Brandstätter, doit revoir sa stratégie : fini les gros jouets en plastique comme les hula hoops ou les voitures à pédales, il faut inventer un produit plus petit, nécessitant moins de matière.
C’est là qu’intervient l’inventeur Hans Beck.
Pendant trois ans, Beck développe un concept de figurine articulée qui tient parfaitement dans la main d’un enfant :
La taille (7,5 cm) est idéalement adaptée à la morphologie de la main enfantine.
Le visage est simplifié à l’extrême : deux yeux ronds, un sourire, inspirés des dessins d’enfants.
La figurine peut tenir des objets, s’asseoir et lever les bras.
En 1974, au Salon du Jouet de Nuremberg, les trois premiers personnages sont présentés : un Indian, un Chevalier et un Ouvrier du bâtiment. Le succès ne sera pas immédiat auprès des grossistes, mais les enfants, eux, adoptent le concept instantanément. La légende est en marche.
Pourquoi le concept Playmobil fonctionne-t-il si bien ?
Contrairement à d’autres jeux de construction basés sur le réassemblage complet de briques, Playmobil repose sur un équilibre parfait entre mise en scène et jeu de rôle.
L’immersion par le détail : Un château fort, un bateau pirate ou un commissariat Playmobil ne sont pas de simples décors ; ils regorgent d’accessoires (épées, coffres au trésor, tasses, outils) qui permettent de créer des histoires infinies.
Une évolution constante des thèmes : Des univers historiques (Égypte antique, Moyen Âge, Western) aux thèmes du quotidien (la ville, le centre d’équitation, l’hôpital) jusqu’à l’espace, la marque a su coller aux envies de chaque époque.
L’arrivée des licences de la pop culture : Pendant longtemps, Playmobil refusait les licences extérieures. La stratégie a changé ces dernières années pour le plus grand bonheur des adultes nostalgiques : des sets mythiques comme la DeLorean de Retour vers le Futur, l’Astra Caravan, les SOS Fantômes, KITT (K2000) ou encore Astérix ont fait une entrée fracassante dans la gamme.
Le phénomène des Klicky : La collection adulte
Aujourd’hui, Playmobil n’est plus seulement réservé aux enfants. Les adultes qui ont grandi avec ces jouets dans les années 70, 80 ou 90 forment une communauté de passionnés très active : les Playmo-fans.
Certains collectionneurs se concentrent sur les premières générations de figurines (surnommées les « Klickys »), reconnaissables à leurs mains fixes couleur chair moulées d’un seul bloc avec le bras. D’autres réalisent d’incroyables dioramas géants réunissant des milliers de personnages lors d’expositions spécialisées.
Les pièces les plus recherchées par les collectionneurs :
Le bateau pirate 3750 (1978) : L’un des plus grands classiques, symbole d’une époque.
Le château fort 3666 : Modulaire, modulable à l’infini et extrêmement robuste.
Les boîtes inédites ou promotionnelles : Certaines éditions limitées produites pour des marques ou des musées (comme la figurine de Léonard de Vinci ou Albrecht Dürer) s’arrachent parfois à prix d’or.
Les conseils pour bien entretenir ou chiner ses Playmobil
Si vous ressortez vos cartons du grenier ou écumez les brocantes :
Le nettoyage : Le plastique Playmobil est extrêmement résistant. Un bain d’eau tiède avec un peu de savon doux suffit pour redonner de l’éclat aux pièces (évitez le lave-vaisselle à haute température qui peut déformer les petites pièces ou altérer les tampographies).
Attention aux petites pièces perdables : Reconstituer un set vintage complet demande de la patience, car ce sont souvent les minuscules accessoires (manchettes, plumes de chapeau, petites vaisselles) qui manquent à l’appel.
Vérifiez les décolorations : Le plastique blanc a parfois tendance à jaunir avec le soleil. Des méthodes à base d’eau oxygénée et d’exposition aux UV permettent parfois de leur rendre leur blancheur d’origine.
En conclusion
Plus d’un demi-siècle après leur création, les jouets Playmobil n’ont rien perdu de leur pouvoir d’émerveillement. En combinant la simplicité d’un design intemporel avec une capacité d’innovation permanente, le petit bonhomme allemand prouve qu’il n’a pas fini de stimuler l’imagination des petits… comme des grands !




