Goldorak : L’histoire et l’héritage du robot géant qui a changé la télévision

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Le 3 juillet 1978, la télévision française vivait un véritable séisme culturel. Ce jour-là, dans l’émission Récré A2, les téléspectateurs découvraient un gigantesque robot aux cornes dorées jaillissant du centre de la Terre pour affronter des soucoupes amirales ennemies. L’animé Goldorak venait d’arriver sur nos écrans, et plus rien ne allait être comme avant.

Adaptation du manga de Go Nagai (UFO Robot Grendizer), ce dessin animé d’un genre totalement inédit en France a bouleversé les codes de la jeunesse et marqué au fer rouge la génération des « enfants de la télé ». Mais comment ce robot géant venu de l’espace a-t-il réussi à devenir un phénomène de société absolu ?

Les origines : De Go Nagai à la Toei Animation

Pour comprendre le phénomène, il faut remonter aux origines japonaises de l’œuvre. Créé par le mangaka de génie Go Nagai, Goldorak s’inscrit dans la trilogie des Mechas (les robots géants pilotés de l’intérieur) aux côtés de Mazinger Z et Great Mazinger.

Produit par le légendaire studio Toei Animation, l’animé tire sa force d’un savant mélange de science-fiction, de drame shōnen et d’une esthétique visuelle d’une modernité folle pour l’époque.

Alors qu’au Japon la série rencontre un succès honorable sans être un record absolu, son exportation vers l’Europe — et particulièrement la France — va transformer ce projet en une légende vivante.

Une intrigue tragique et un héros inoubliable

Contrairement aux dessins animés édulcorés de l’époque, Goldorak proposait une trame narrative sombre, mûre et dramatique.

Actarus, le prince mélancolique

L’histoire suit Actarus (Daisuke Umon), prince héritier de la planète Euphor. Après la destruction tragique de son monde par les forces impitoyables de Vega, Actarus s’enfuit à bord de Goldorak, une arme ultime redoutée par ses oppresseurs. Refuge trouvé sur Terre, il est recueilli par le professeur Procyon et tente de mener une vie paisible de fermier au Ranch du Bouleau Blanc.

Mais lorsque les troupes de Vega pointent leurs armes vers la Terre, Actarus se voit contraint de reprendre le combat pour protéger sa planète d’adoption.

La patrouille des Aigles : Une dynamique de groupe

Au fil des épisodes, le héros solitaire est rejoint par des alliés fidèles formant la Patrouille des Aigles :

  • Alcor (Koji Kabuto), le pilote fougueux aux commandes de l’OVTerre puis du Alcorak.

  • Vénusia, la fille du fermier Rigel, qui pilote le Fosserak.

  • Phénicia, la sœur retrouvée d’Actarus, aux commandes du Guyrak.

Pourquoi Goldorak a-t-il provoqué un raz-de-marée en France ?

À la fin des années 70, l’arrivée de Goldorak crée un choc culturel inédit. Les raisons de cet engouement massif sont multiples :

  1. Un rythme visuel nerveux : Les métamorphoses, le fameux « Autolargage ! », les fulguro-poings et l’astéro-hache offraient un spectacle visuel d’une efficacité redoutable.

  2. Une bande-son épique : Les génériques français (interprétés au fil des saisons par Enrique, Noam, ou encore Bernard Minet) sont gravés dans les mémoires. Les musiques originales de Shunsuke Kikuchi apportaient quant à elles une tension dramatique magistrale.


  3. Un doublage d’exception : La qualité de la VF, portée par des comédiens de doublage de talent comme Daniel Gall (voix inoubliable d’Actarus), a grandement contribué à ancrer l’émotion et la noblesse du personnage principal dans l’esprit du public.

À son apogée, la série atteignait des parts d’audience phénoménales (parfois estimées à plus de 80 %), arrêtant presque le temps lors de sa diffusion.

Controverses et débat de société

Le succès fulgurant de l’animé Goldorak ne s’est pas fait sans heurts. À l’époque, la violence des combats et le style graphique japonais surprennent les adultes, les éducateurs et les critiques télé. La série se retrouve au cœur de vives polémiques sur « la violence des dessins animés importés du Japon ».

Malgré ces attaques médiatiques répétées, le soutien des enfants et des adolescents reste inébranlable. Goldorak devient le premier ambassadeur de l’animation japonaise en France, ouvrant la voie à toute une vague de séries cultes comme Capitaine Flam, Albator, puis plus tard le phénomène Club Dorothee.

Le mythe Goldorak aujourd’hui : Collection et renaissance

Près de cinquante ans après sa création, l’aura du robot géant ne s’est jamais éteinte. Il est devenu un pilier incontournable de la culture pop et du marché du jouet vintage :

  • Les jouets d’époque : Les figurines en métal moulé (notamment la gamme Popy des années 70/80) s’arrachent aujourd’hui au prix fort parmi les collectionneurs.

  • Bande dessinée hommage : En 2021, une BD française officielle scénarisée par Xavier Dorison et dessinée par Denis Bajram a rencontré un succès immense en librairie, prouvant que l’amour pour la franchise est toujours intact.

  • Projets récents : L’annonce de nouvelles adaptations en jeu vidéo et de la série animée moderne Grendizer U montre que le prince d’Euphor continue d’inspirer les créateurs contemporains.

Un monument de la Pop Culture à revoir sans hésiter

Plus qu’un simple divertissement pour enfants, l’animé Goldorak est une œuvre fondatrice. Il a réinventé la manière dont le public occidental percevait le dessin animé, prouvant qu’une série animée pouvait raconter des histoires complexes, émouvantes et héroïques.

Que vous soyez un nostalgique de la première heure désireux de transmettre cette passion ou un curieux souhaitant découvrir les origines du phénomène Mecha, replonger dans les aventures d’Actarus reste un voyage fascinant au cœur de l’âge d’or de la télévision.

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